Cet album d'Iggy Pop a certainement l'une des pochettes les plus ridicules de l'histoire du rock, c'est aussi très certainement un des albums les plus mal produits, un des plus foutraques, des plus kitsch qui soit. C'est aussi l'un des albums les plus sous estimés de l'histoire de l'univers entier. New Values (1979) arrive juste après The Idiot & Lust For Life, c'est la première fois qu' Iggy bosse sans Bowie (d'ailleurs on se dit que ça n'aurait peut être rien changé au couscous tant la merveilleuse tapette « sous produisait » les disques de ses amis pour mieux se les refaire quelques temps plus tard – qui ici pourrait affirmer que le China Girl d'Iggy est meilleur que celui de Bowie...), c'est aussi la première fois qu'il est sur Arista qui, je crois, a bien failli ne jamais se relever d'une telle audace même si aujourd'hui le label possède une sacrée écurie de rockers en santiags. C'est donc, par certains côtés, une première, une espèce de mini révolution punk-rock: le son garage à son apogée. Voui mes loulous: garage. Tant mieux d'ailleurs, ça donne l'impression que les pistes ont été enregistrées à la maison, entre le salon & la cuisine. Iggy invente le rock de proximité: voilà, baby, ce que je suis capable de faire sans moyens & deux prises de 120 volts chacune! Du rock du vrai, bien crade, bien brut, avec des morceaux bien bourrins (New Values, Girls, How Do Ya fix A Broken Part) – ça reste un disque d'Iggy Pop – avec des paroles frisant la correctionnelle: « I love girls/Let me tell you something about girls/They are allover this world » ou « I wish life could be swedish magazine »... bref, de la déconnade à tous les étagesSAUF! Sauf que oui mais non car New Values c'est aussi quelques belles audaces cachées dans la bouillasse, si vous me permettez les rimes hasardeuses. Tell Me A Story, qui ouvre l'album, est rempli de petites trouvailles rythmiques & bruitistes qui sont assez marrantes, la ligne mélodique est simple mais parfois on n'en demande pas plus pour siffloter sous la douche ou pour se rendre au supermarché. Plus sérieusement, des titres comme Five Foot One ou l'hallucinant The Endless Sea sont de véritables petits trésors qui auraient mérité plus d'attentio_____ quoique, c'est pas dit. Il y a aussi I'm Bored, basique mais entêtant, Don't Look Down avec sa mélodie étrange & boiteuse, excellente pour conduire en pleine ville, en pleine nuit, Curiosity dont l'intro fait penser au générique d'une émission de débats politiques & la crème de la crème: African Man, qui place définitivement Iggy Pop sur le podium des gars les plus poilants de l'histoire du rock & New Value comme un des disques les plus attachants de ma discothèque. Haut la main.
IGGY POP - The Endless Sea
IGGY POP - African Man
IGGY POP // New Values (Arista).
mardi 4 novembre 2008 | Publié par Blicero Howl à 04:03 0 commentaires
Libellés : LES ALBUMS LES PLUS SOUS ESTIMES DE L'HISTOIRE DE L'UNIVERS ENTIER, ROCK
CYROD // Music For Parents (Kuryakin).
Dans la jungle sonore 2.0 (Harry, si tu nous écoutes...) des Myspace Music, des net labels, des blogs mp3 qui pullulent sur la toile pour le meilleur &/ou pour le pire, à l'heure où la transmission de « l'objet musical » devient une sorte d'enjeu hypocrite, guerrier & revanchard, il est assez intéressant de tomber sur un artiste comme Cyrod (dont j'apprends qu'il a abandonné le football à la fin des années 80 au profit d'une guitare électrique... un peu comme Julio Iglesias me semble t'il... hum hum) qui perçoit internet comme un joli moyen de diffuser son travail de façon... philanthropique. La chose est d'autant plus intéressante que le bonhomme s'y entend franchement bien avec sa guitare & on en vient à se demander: « Mais que foutent les labels sensés dénicher les jeunes talents de notre pays?!? ». Sur les deux albums qu'il a eu la gentillesse de m'envoyer, sans autre forme de procédé, j'ai une certaine affection pour Music for Parents, sorti en 2007 chez Kuryakin. Sur son site , il explique que c'est à la suite de plusieurs naissances dans son entourage, & de tous les « désagréments » que cela à pu entraîner, qu'il a composé cet album, un peu comme on applique un baume. Une longue plage sonore d'un calme réparateur & instrumental. Sans y ressembler totalement on pourrait tout de même comparer Music for Parents à une espèce de When désangoissé... mais j'y reviendrai. Personnellement, pour l'avoir testé sur les routes alpines bordées d'arbres en flammes, c'est l'un des meilleurs road-album que je connaisse & là où Cyrod est vraiment bon c'est que, une fois le moteur coupé, ses mélodies continuent de vous accompagner. La fameuse magie d'une ritournelle entêtante comme l'imparable Histoires qui fait défiler ses 13 minutes comme si de rien n'était ou l'inaugurale & paisible Tropicale qui ressemblerait fort à la bande son d'un voyage sur quelques routes sud américaines que l'on voudrait sans fin. & c'est là que j'en reviens à mon Vincent Gallo dont l'univers sonore tient, pour une part, dans la répétition d'une boucle principale, simple mais efficace (c'est au moins la quinzième fois de la semaine que j'utilise ce mot), à laquelle viennent s'ajouter quelques variations légères & bien senties. La pesanteur « existentielle » chez Gallo fait ici place à une joie, presque mélancolique, en tout cas sereine. Music for Parent est un album contemplatif.
Il n'est pas dans mes habitudes d'être aussi lyrique en parlant de musique mais cette fois ci pourquoi pas? Je me dis que ce genre de gars qui bosse, dans son coin, à l'édification d'un univers si singulier quand la copie est de mise (je dis "copie" tandis que les influences qui filtrent chez Cyrod sont bien reconnaissables sans enlever une goutte d'originalité) & d'une telle qualité mériterait toute notre attention. Sans doute la belle "vraie" découverte de cet automne.
Music for Parents est en écoute dans son intégralité ICI & LA.
samedi 18 octobre 2008 | Publié par Blicero Howl à 00:57 1 commentaires
OF MONTREAL // Skeletal Lamping (Polyvinyl).
Voilà venir le grand patchwork sonore d' Of Montreal – la pop rock se recharge avec bien plus d'efficacité que ce bon vieux rock qui a tendance à nous refourguer toujours les mêmes grincements de cordes essoufflés. Oh allez! Combien de fois déjà nous a t'on annoncé que le rock'n'roll venait de ressusciter quelques part dans le New-Jersey? Combien de groupes foireux? Je me souviens encore le jour où, une larme perlant aux coins des mirettes, je suis allé acheter le premier disque des Strokes avant de m'apercevoir que les gamins avaient tout simplement écouté autant d' albums du Velvet que moi, voire plus. Ah trahison commerciale! Mensonges de la chronique qui fait d'un caillou... je me répète? Possible. Quoiqu'il en soit mes loulous, il est dit quelque part que ce Skeletal Lamping fera office de marque témoin dans l'histoire colorée de la pop au même titre que Sgt. Pepper, Pet Sounds, Loaded, The Village Green Preservation Society, Remain in Light, Parklife etc etc... Pas pour sa créativité non, même si l'ensemble est d'une fraîcheur assez rare ces derniers temps, mais bel & bien pour son esprit de synthèse. En as du collage génial Kevin Barnes nous refait le même coup de foulard que George Martin & Paul McCartney sur la face B d'Abbey Road. Petites boucles de ci de là, ritournelles électriques entêtantes mais orphelines, délires rock à la recherche de refrains solitaires, ça fuse dans tous les coins sans jamais perdre le nord... l'intégrale de ce qui s'est fait & se fait de mieux en rock, pop, soul funk (St. Exquisite's Confessions qui démarre complètement choco & finit en bonne ratatouille sonique), avec une guitare, une basse, une batterie, un ou deux instruments exotiques &, &... un piano parce que depuis Lenny Kravitz personne n'avait plus imité Imagine de Lennon aussi bien (Touched Something's Hallow), ça va de soit. Sans oublié les déjà, eh oui ça va vite, les déjà fameux choeurs made in Of Montreal (qui n'est pas un groupe québécois mais d'Athens, Georgie comme Pylon, R.E.M. & les B52's aussi me semble t'il... ma parole quelle bourgade!) qui font parfois penser à Queen (style opéra queer) ou à du Scissors Sister dans ce que l'on peut y trouver de mieux & de festif (style vaudeville queer, notamment sur Gallery Piece)– ce qui est loin d'être une critique. Je parle de Queen pas des Scissors Sis____ enfin bref! Outre le fait de nous rappeler pourquoi on aime tant bouger le popotin en écoutant de la musique ce neuvième album d'Of Montreal vous aidera sûrement à vous réveiller les matins difficiles, mais ça n'est pas une révolution pour autant.
OF MONTREAL - Nonpareil of Favor
OF MONTREAL - St Exquisite's Confessions
OF MONTREAL - And I've Seen A Bloody Shadow
dimanche 5 octobre 2008 | Publié par Blicero Howl à 10:29 3 commentaires
THE FIERY FURNACES // EP (Rough Trade).
A tous ceux qui trouvent qu'écouter un album entier des Fiery Furnaces s'apparente à une opération aussi physique qu'une partie de boxe virtuelle sur Wii, à ceux d'entre vous, bande de punks, qui sentent poindre le début d'une schizophrénie galopante dans les dernières notes de Widow City, à ceux d'entre vous, encore, qui marronnent devant l'absence de best of (mais pourquoi faire bordel?!?), à vous tous mes loulous, pour découvrir la richesse infinie de la fratrie Friedberger, Blicero ne saurait trop vous conseiller l'écoute de EP, subtil assemblage de singles & de morceaux originaux aussi efficaces (Sing for Me, Tropical Iceland - un clip, comment dire... d'enfer & repris en concert par Of Montreal avec un son bien pourrachos... attention les oreilles), évidents dans leur synthèse de 50 de rock, pop & tutti quanti, aussi intelligents, enfin, les uns que les autres. Intelligents? Oui, oui. En fait j'aurais même pu dire: cultivés. Les Fiery Furnaces c'est un truc que vous n'aviez jamais entendu avant, le genre de surprise où vous faites WHAOU! & ça n'était pas arrivé depuis OK Computeur, à l'aise. Un son unique donc, mais truffé de références secrètes, de clin d'oeil savants - des Beatles au Velvet en passant par le Yellow Magic Orchestra sans oublier Bob Dylan & Patti Smith auxquels le chant d'Eleanor Friedberger fait inmanquablement penser (je l'imaginerais bien chantant Land avec son débit si particulier). A l'heure où vient tout juste de sortir un double live (Remember) EP pourrait bien être la clé de voûte d'un parcours assez impressionnant. Personnellement, je ne suis pas très très fan des live. Un groupe aussi « complexe » que les Fiery Furnaces doit pas mal perdre d'amplitude en concert, se lester de ce bricolage génial qui fait d'eux la formation la plus originale depuis... pffffff! mercredi 1 octobre 2008 | Publié par Blicero Howl à 07:38 1 commentaires
Libellés : ROCK
AIDAN JOHN MOFFAT // I Can Hear Your Heart (Chemikal Underground)
En guise d'intro je pourrais balancer une belle connerie du genre: I Can Hear Your Heart est un sex concept album enregistré par un alcoolique mélancolique (ancien binôme des Arab Strap) & coincé entre An American Prayer (poésie lue sur de la musique de circonstance) & le génie lyrique d'un Gainsbourg à son apogée (musique sur de la poésie de circonstance – Melody Nelson & L'Homme à la Tête de Choux). Voilà comment prendre de sacrés chemins de traverse mais dans l'ensemble ça correspond assez bien au machin. Frôlant parfois le générique de film porno ("Super Sexxxy Real Live!", "You Took it Well") I Can Hear Your Heart n'en reste pas moins une fascinante incursion du monde rock/pop dans la littérature (ce qui n'a pas toujours donné que du bon) où l'écossais rrrroule les « r » comme un pigeon parisien plein jusqu'a la gorge de vin chaud. L'objet en lui même est beau, qui donne envie de racheter des disques, qui ressemble à un petit livret de poésie &, OH! Surprise! qui contient aussi une nouvelle (Poop) sensée être la première partie du disque. La seconde (Loop) étant le disque lui même. La voix de Moffat égraine alors une ribambelle de mots & d'expressions qui lui auraient valu la potence sous la Sainte Inquisition avec la plus grande tendresse dispensée par une voix traînante, calme, voire lasse. C'est franchement beau. Loin du travail vocal qu'il a réalisé avec Mogwai (avec qui il partage le même label) sur « R U Still In To It ». Il est facile de sombrer dans une sorte de torpeur veloutée en écoutant la mélopée apaisée qui coule sur les 24 morceaux de l'album. A la quiétude d'une fin d'après-midi automnale & pluvieuse, une tasse de café relevé de cognac, on se demande mais oùBORDEL DE DIEU!sont passées nos conquêtes vénales d'antan? Vous me direz, on n'a pas forcément envie de faire l'amour en écoutant ça &, ma foi c'est pas faux, mais je ne crois pas que le but recherché fut une espèce d'excitation sexuelle portant l'auditeur à un coït sonore &, ça peut aussi arriver, solitaire. Ça ressemble plutôt à une désespérance, une sorte d'acceptation de la chaire comme une aporie incontournable, qu'elle soit l'objet du plaisir ou du désir. Sachant que tous les désirs ne sont pas toujours révolus.
samedi 13 septembre 2008 | Publié par Blicero Howl à 01:40 0 commentaires
Libellés : ROCK
BOREDOMS & WEEN // Z-Rock Hawaii (Nipp Guitar)
Eh bien, bon alors – si le son euthanasiste, les vibrations sauvages d'une fin de siècle qui, au final, n'a fait que prolonger son arrêt de mort de quelques décennies, s'est trouvé quelques potes un peu perchés pour forniquer je ne serais pas le premier à me plaindre. Bien au contraire. Boredoms (ボアダムス) qui se trouve presque à l'extrême frontière de se qui est raisonnablement écoutable pour moi, aura fait son boulot en allant chercher les deux gus de Ween pour enregistrer dans le plus grand délire Z-Rock Hawaii (1994) sorte de pêle-mêle goguenard, brouillon & génial. Ne me demandez pas ce que Z-Rock Hawaii peu bien vouloir dire j'en sais foutre rien. Il paraît juste que Yamatsuka Eye était un poil déçu lui qui voulait que l'album s'appelle WeYeN. Bof... ça n'est pas très essentiel au final.
A ceux qui aiment l'hystérie vocale de Yamatsuka Eye (aka Eye, aka le chef des Lift Boys, aka le patron capricieux de Boredoms) ne seront pas déçus. Du très zornien « Chuggin' » (Yamatsuka prête d'ailleurs sa voix à John Zorn pour son terrible Nacked City qui m'a coûté quelques belles migraines) au très excité « Love Like Cement » en passant par l'asthmatique « Tuchus », tout le répertoire du noise boy d'Osaka est là. Mais... mais à ceux qui ne supporteraient pas ce collier de cris désespérés, grâce leur soit rendue, Ween était là pendant l'enregistrement. Ça donne quelques trésors de bizarrerie comme ce « In The Garden » d'outre-tombe, le western apocalyptique (« God In My Bed »), la curiosité sushi (« The Medow ») & « I Get A Little Taste of You » qui arrive comme un cheveux sur la soupe à la façon d'une contine géniale de Syd Barret, genre « Effervescing Elephant », à laquelle elle ressemble beaucoup si ce n'est un son gravement estampillé 90'... mais peu importe, c'est bonnard & franchement on rigole souvent aux interventions absurdes d'un Yamatsuka Eye barré en plein sur quelques mélodies taillées dans la soie. L'intérêt de cet album post-moderne est justement là, qui allie sans difficulté boucles planantes & hypnotiques à une armée de grognements un peu débiles mais tout autant jubilatoires. Alors donc on passe du ravissement naïf à l'hécatombe sonore sans y comprendre quoique ce soit. Reste qu'il apparaît que très peu de groupes sont aujourd'hui assez intelligents & curieux pour prendre ce genre de risque. D'ailleurs, pour ce qui voudraient se procurer l'album en toute légalité: bon courage. Il est a plus de 300 euros (!!!) sur Amazon. La rareté appelle souvent la préciosité & avec un peu de chance, au détours d'un vide grenier, un étal tenu par un type qui pensait avoir acheter un album de yukulélé... sait on jamais - c'est comme ça qu'on fait des affaire.
Boredoms & Ween - I Get a Little Taste of You
Boredoms & Ween - In the Garden
Boredoms & Ween - The Meadow
vendredi 12 septembre 2008 | Publié par Blicero Howl à 02:52 0 commentaires
Libellés : EXPERIMENTAL, NOISE, ROCK
DASHIELL HEDAYAT // Obsolète (Shandar)
Pour apprécier l'entière satisfaction que peuvent vous procurer les quatre plages d'Obsolète l'humour se matérialise comme un instrument indispensable. Ça ne plaira peut être pas à Dashiell Hedayat (Dashiell pour le pinkerton du polar Dashiell Hammett et Hedayat en référence au poète perse – prénom Sadegh) aka Daniel Théron aka Jack-Alain Léger dit le Mal-aimé-de-la-littérature-française, mais la première fois que j'ai écouté Obsolète j'ai ri. Un peu. La fois suivante beaucoup plus et à chaque nouvelle écoute je rigole, je rigole. C'est qu'en plus du talent Dashiell Hedayat a de l'humour, des phrases ritournelles complètement absurdes et gamines, qu'il serait idiot d'essayer de reproduire ici parce que ça serait une catastrophe intégrale, mais vraimentVRAIMENT marrantes. Est ce que la voix de dandy désabusé, limite efféminé, du bonhomme y est pour quelque chose? Mouais sûrement. Entre autre. Sur la pochette je vois inscrit: « This record must be played as loud as possible [ça s'est déjà fait ailleurs ça], must be heard as stoned as possible [déjà plus original] and thank you everybody [une politesse qui fleure bon les comptoir de Montparnasse]. »L'album tourne sur ma platine depuis midi et je ne m'en lasse pas. Des remugles de Gainsbourg flottent à mes oreilles – j'entendrais presque... « Variations sur Marilou »... l'histoire de Melody Nelson et cette basse qui ronronne en boucle. C'est vraiment pas mal. Quelle année? Attends voir – le gars est né en 1947 mais c'est en 71 qu'il s'est enfermé dans le château d'Hérouville avec le groupe Gong et un type, ancien guitariste de Soft Machine, un groupe à la con comme les années soixante en ont enfanté des bataillons... Daevid Allen, le petit guitariste défoncé comme pas deux qui fait des boucles autour de l'autre qui délire complet, mais avec une certaine classe. Et de l'humour.Obsolète, comme son nom ne l'indique pas, est totalement indispensable. C'est un disque littéraire et musicalement bon comme il en existe très peu, comme l'étaient les disques sus cités de Gainsbourg et qui fait parfois penser à ces poèmes que les beats lisaient dans des bouges californiens, accompagnés d'un groupe de Berkeley qui s'essayait aux tensions vocales. Un bon disque. D'ailleurs, pour les amateurs, le petit Burroughs y fait une apparition hi-fi assez discrète mais de bon goût. Pour finir je dirai ceci: Dashiell Hedayat avant d'être Dashiell Hedayat et d'écrire de curieux mais bons romans sous le pseudo de Jack-Alain Léger et d'autres encore a enregistré un album sous le nom de Melmoth (encore une référence littéraire, cette fois ci à un roman de Charles-Robert Mathurin – seigneur!) qui s'appelait La Devanture des Ivresses. Si vous le voyez, prévenez moi vite.
Dashiell Hedayat - Long song for Zelda
mercredi 10 septembre 2008 | Publié par Blicero Howl à 03:38 0 commentaires
Libellés : LES ALBUMS LES PLUS SOUS ESTIMES DE L'HISTOIRE DE L'UNIVERS ENTIER, PSYCHEDELIQUE, ROCK
MORPHINE / Yes (RYKO)
SOUND/ Alors voilà mes poulets, vous savez, la première fois que j'ai entendu la voix désabusée de Mark Sandman c'était dans la voiture de Belane, il était 3 ou 4 heures du mat & on a dû passer à 130km/h devant l'hippodrome de Saint Loup (ce qui est rigoureusement déconseillé) alors que les baffles laissaient filtrer le saxo & cette petite litanie: "Yes, yes, yes... yes, yes... yes...". Avec les années c'est un truc qui m'est resté comme un impératif inconscient: Yes est un album qui s'écoute en voiture, la nuit ou alors défoncé dans son salon alors que les orages ont encore mis le grappin sur la fantastique cité.
Sur une seule chanson on ne s'en rend pas vraiment compte mais à l'écoute de l'album dans sa totalité on est surpris par la composition singulière de ce groupe, il faut bien le dire, atypique. Une basse très blues (Sandman faisait partie d'un groupe de blues, Treat Her Right), un saxo très jazzy, mais du côté obscur de la force & une batterie qui fait la navette entre les deux. En fait, Billy Conway, que Sandman a ramené de Treat Her Right, fait des va & vient incessants entre le blues & cette batterie soft pareille à celle d'un commando jazz façon Heldert Williams. La structure & le fonctionnement assimilés on envoie la sauce & force est de reconnaître qu'elle prend foutrement bien. Le saxo de Dana Colley démarre quasiment toutes les chansons un peu comme ce foutu harmonica du Dylan de la première période &PAF! la voix de Sandman coule comme du miel à mes oreilles.
Les proches du groupe ont toujours affirmé, sans qu'on puisse vraiment vérifier quoique ce soit (les notes de pochettes, même celle du best of, sont aussi fades qu'une hostie), que les textes de Sandman étaient très très autobiographiques. A l'aune de cette information Yes apparaît comme une histoire d'amour qui finit assez mal. Les premières chansons, qui sont d'ailleurs les plus mélodiques, racontent cet amour fantastique matiné de sensualité & de sueurs puis arrive le titre éponyme Yes & l'on sent l'équilibre vaciller pour tomber du mauvais côté deux chansons plus tard. C'est le mémorable Super Sex & cette formidable ritournelle: "Taxi, taxi... Hotel! Hotel!... I got the whisky baby... I got the cigarette...". Le son se liquéfie comme une belle injection de sexe extra conjugal, d'ailleurs Sandman (si ces textes sont toujours autobiographiques bien sûr) se pose des questions sur sa bourde (I Had My Chance) & ne tarde pas a passer devant le juge pour infraction au neuvième commandement (The Jury). Ici, le disque devient totalement fou. The Jury justement accuse un phrasé distillé sur une bande sonore menaçante, laquelle est torturée avec génie. Ça n'a rien à voir mais symboliquement ça fait un peu penser au L.A. Blues à la fin de Fun House. Du free jazz en or massif. L'album s'enfonce dans le délire organisé le plus troublant avec l'hallucinant Sharks réglé comme un compte-à-rebours en plein trip qui éclate au moment exacte où Free Love chiale ses notes sombres & ça n'arrange pas le millefeuille bien sûr. Sandman est dans la merde & c'est magnifique. Il se réveille après cette nuit cauchemardesque, son lit est vide, la fille a débarrassé le plancher. Gone for Good clos alors ce formidable helter skelter symphonique par une rédemption acoustique d'une surprenante douceur (Sandman joue seul de la guitare sèche pour la première & la dernière fois de l'album).
Quatre ans plus tard le leader de Morphine s'écroulera en plein concert à Rome, officiellement d'une crise cardiaque & Yes de rester un très grand album.
mp3 / Morphine - Yes
VISION/ Morphine "Super Sex":
Publié par Blicero Howl à 03:33 0 commentaires
Libellés : ROCK
ANIMAL COLLECTIVE / Strawberry Jam (Domino)
SOUND/ Alors quoi? Peut être que les magazines & autres pseudo rock critics de notre Belle République ont vraiment pensé que le petit Napoléon allait changer quelque chose à cette histoire de pouvoir d'achat pour nous inciter à acheter toujours plus d'albums de merde. Hein?
Les enfants je suis colère. & pas qu'un peu! Qu'est ce que c'est que ce Stawberry Jam de mes deux? Qu'on m'explique comment un non-album pareil a pu se retrouver dans le top ten 2007 de pratiquement tout le monde (Magic!, Pitchfork, Tsugi, Said the Gramophone, Inrocks...). Soit 2007 fut une année merdique, ce qui est rigoureusement faux (The Fiery Furnaces - d'ailleurs, un grand merci à Chronic'art pour ce sacré travail de défrichage & de découverte, c'est ce qu'on attend d'un magazine pas vrai?- The Liars, LCD Soundsystem...), soit, & alors là ça fait pas un pli, les types qui chroniquent de la musique devraient penser à changer de job! Merde! J'ai arrêté de lire Rock & Folk le jour où ils ont réussit à me faire acheter le live des Black Crows avec Jimmy Page - soit disant un chef d'oeuvre absolu... un foutu merdier oui! J'ai prié les Inrocks d'aller se faire voire ailleurs parce qu'ils avaient atteint un tel niveau de stupidité absurde que ça en devenait ridicule, pitoyable (souvenez vous, Amélie Poulain, un film qui prône les valeurs pétainistes... non mais sans déconner! & la fête des mères alors?!), je n'ai jamais acheté Technicart parce ce que ce magazine m'a toujours paru louche & j'en ai marre de lire des chroniques de disques écrites par des types qui sont frustrés de ne pas avoir été le nouvel André Breton. C'est vrai! Combien de fois il m'est arrivé de finir un papier en me disant: "C'était quoi ça? Le compte rendu d'un album de rock ou un poème dadaïste?" Combien de fois ça vous est arrivé à vous? & le pire c'est qu'on se sent con comme pas deux dans ces cas là. Qu'est ce que c'est que ces histoires de "musique pré-frontaliste", "néo-structuraliste", "de mise en abîme sonore du capitalisme" lorsqu'on parle du best of de Simon & Garfunkel? Hum? Faudrait en plus maîtriser la rhétorique situationniste de Debords pour pouvoir acheter ses disques maintenant?& quand, O miracle, on arrive à saisir quelque chose aux délires créatifs de ces journalistes trop heureux de recevoir des services de presse, on achète Stawberry Jam d'Animal Collective!!! La coupe est pleine! La révolte gronde & cet empaffé d'Arnaud Viviant (qui d'après moi n'est qu'un fasciste refoulé) n'y pourra rien...
Mes loulous n'achetez pas cet album à moins que vous ne cherchiez une bonne excuse pour ne plus remplir vos devoirs conjugaux, car cette marmelade est une usine à migraines. Cette marmelade est un sac de bruits empilés les uns sur les autres, sans doute pour lui donner un côté novateur qu'il, contrairement à ce qu'en a dit Magic!, n'a pas du tout. Ça crie, ça hurle pour trois fois rien, les choeurs se bornent à imiter le chant d'une sirène d'alarme, les guitares sont noyées sous les effets sonores sus cités & donc complètement anecdotiques ce qui, pour un groupe de rock, est plutôt fâcheux, ça part dans des solos de pianos absurdes mis en boucle pourBREF! ... Comment en vouloir à tous ceux qui téléchargent de la musique sur internet, quand les majors n'ont rien d'autre à proposer qu'une quantité de groupes inutiles qui pondent des albums où, peut être, une seule chanson pourrait bien se voir sauvée par pure charité chrétienne, quand les grands marchands font des rapports sur la manière de faire casquer les " vilains pirates" & de s'en mettre un peu plus dans les poches (en proposant le titre à 0,99 centimes par exemple... alors qu'il n'y a aucune mise en place à faire, pas de pub, pas de packaging, pas de pochette à éditer... un grand foutage de gueule), quand les critiques se contentent de quelque chose de moyen pour en faire "le groupe qui va enfin sauver le rock"? En vérité je vous le dis, ça n'est tout simplement pas possible.
Publié par Blicero Howl à 03:20 0 commentaires
Libellés : EXPERIMENTAL, ROCK
PYLON // Gyrate (DFA)
J'aurais très certainement fait un piètre producteur vu que si un groupe comme Pylon avait débarqué dans mes studios, je crois bien que j'aurais tout de suite appelé la sécurité pour me mettre tout ça dehors. Vous connaissez Vanessa Briscoe? Je veux dire, vous avez vu la dégaine qu'elle se paie? Je n'aurais pu être autre chose qu'intransigeant: "Ma cocotte tu es attifée comme une cafetière bolchévique & tes dents sont toutes tordues. Tu t'attends vraiment à ce qu'on vende tes disques?". Des fois je me fais peur. Je sais faire très mal aux gens lorsque c'est nécessaire mais je devrais toujours garder à l'esprit le précieux conseil que l'oncle Ben donna à Spiderman avant de se faire dégommer: "De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités". Ça m'aurait évité de passer à côté de Pylon comme à peu près la moitié de la planète à l'époque.
Alors c'est marrant parce que le jour où le facteur m'a remis un colis venant d'Argentine & dans lequel se trouvait Gyrate Plus j'ai trouvé des articles sur Pylon un peu partout sur le net & dans mon Tsugi tout frais. C'est le genre de trucs qui m'arrivent souvent... un signe supplémentaire de mon flair légendaire. L'oncle Ben n'avait pas tort & Pylon aurait bien fait de suivre son conseil, le problème c'est que ce groupe de "la scène d'Athens en Georgie" c'est fait plumer sur toute la ligne. Apparus avant R.E.M. & les B52's, ils ont aussi disparu du paysage les premiers laissant le groupe de Michael Stipes faire la première partie de U2 qui lui était réservée & cartonner dans les charts & devenir le groupe que l'on connaît & transformer les quatres dingos en parfaits loosers de l'histoire du rock'n'roll. Il est évident que la musique de Pylon est beaucoup moins subtile (sic) que celle de R.E.M. (& encore, comment savoir quelle orientation le groupe aurait pris si il avait eu le succès qu'il méritait?) pourtant, elle n'en possède pas moins toute l'envergure sociale, la dimension primitive qui en aurait fait un vecteur essentiel du son punk funk de l'époque.
Le disque démarre avec le premier single du groupe, "Cool". Ce qui est remarquable avec Pylon c'est que, on aime ou on aime pas, mais c'est quelque chose que vous n'avez jamais entendu ou, plus précisément, c'est un son reconnaissable entre tous. J'ai toujours pensé que c'était là la caractéristique des grands groupes. Ce "Cool" inaugural est scandé d'une drôle de manière par Vanessa Briscoe, véritable Patty Smith en jupon, limite Eleanor Friedberger des Fiery Furnaces en pleine crise d'hystérie. Cette manière qu'elle a de distordre les premiers mots comme si ils étaient trop chauds dans sa bouche est franchement singulière & pourtant, il semble bien que ça soit la seule façon correcte de les chanter. Très vite on comprend que ça va péter dans tous les sens. Les gars derrière Vanessa (Randy Bewley à la guitare, Curtis Crowe à la batterie & Michael Lachowski à la basse... la formation on-ne-peut-plus-classique d'un groupe de rock) trouvent un rythme, une ligne directrice & ne la lâchent plus. La basse de Lachowski est lourde, typiquement américaine... DUNG DUNG DUNG un peu comme dans les premiers albums de Pearl Jam ou sur certains morceaux des Pixies. Guitare & batterie filent le parfait amour & la voix de Vanessa éructe des paroles directes & sauvages en roulant les r comme une Johnny Rotten à foufoune. Directes & sauvages parce que claironnées dans une boucle - répétées comme un slogan pendant une manifestation, comme une formule magique délivrant une euphorie primitive, un état de transe fondamental parce que trop longtemps oublié: "Everything! Everything! Everything! Everything! EVERYTHING IS COOOOOOL!!!" ou lorsqu'elle gueule: "Read a booook! Read a boooook! Don't be afraid! ", on se dit que l'Education Nationale a raté le coche pour s'aliéner une jeunesse en plein désarrois. Sur la longueur le disque s'essouffle un peu du fait de cette structure très basique & répétitive mais écoutez seulement "Cool", "Volume", "Danger" ou encore "Read A Book"... ça va vous donner envie de faire de la gym avec une bande de caniches cocaïnomanes & de gueuler sans vraiment savoir d'où vient se plaisir brut de sautiller dans tous les sens & de trouver ça terriblement cooooool.
VISION/ Aujourd'hui, en regardant les vidéos disponibles sur Youtube, je me dis que Vanessa Briscoe était une super nana avec sa panoplie de bouseuse du fin fond du sud américain alors qu'elle criait comme n'importe quel punk de New York ou Londres & avait exactement le même jeu de scène que Jim Morrison. Je vous jure que c'est vrai. La preuve avec ce "Stop It" qui n'est certainement pas le meilleur morceau de l'album mais qui donne un visuel assez touchant à tout ce papier:
Publié par Blicero Howl à 03:13 0 commentaires
Libellés : ALTERNATIVE, LES ALBUMS LES PLUS SOUS ESTIMES DE L'HISTOIRE DE L'UNIVERS ENTIER, NEW WAVE, ROCK
