LEILA // Blood, Looms & Blooms (Warp).

Un morceau peut il être à la fois humide, voire franchement liquide, du genre instable, impalpable & inquiétant, puissant, tout à la fois? La réponse est ouiOuiOUI! Oubliez tout le couscous qu'on a pu faire au sujet du mystérieux Burial, que la presse stupide a déjà transformé en Pynchon electro, refusant interviews & photos (toutes les réponses sont dans mon disque), prince noir d'une musique noire pour des temps pas très clairs – oubliez tout ça! Le grand morceau sombre de ces dernières années est l'oeuvre d'un revenante. Le nom du morceau: Mettle (voir mp3). Le nom de la revenante: Leila; un joli nom qui veut dire « nuit » en arabe. Ça se tient. L'onomastique dévoile toujours des surprises. Elle est donc de retour la soeur de Roya Arab, chanteuse de Archive sur l'excellent Londinium découvert à moitié avachi sur les tapis persans du Shambala à Marseille à boire du thé blanc tibétain, de retour après la mort de ses parents, après le clavier de Björk, après deux très très bons albums (Like Weather & Courtesy of Choice). Les perles se suivent sur le troisième de façon surprenante, Carplos ou la pirouette d'un John Carpenter en jupon, Deflect avec Martina Topley Bird qui revient elle aussi avec un bon album, une reprise de Norwegian Wood complètement névrosée, jouée au ralentit par des types chantant comme des femmes, Mollie, le morceau d'ouverture, qui renoue avec le trip-hop, le son d'un Tricky présent dans les marges & qui pourtant ne sera pas parvenu à étouffer l'originalité, l'intelligence de Leila & puis y'a Mettle, ce foutu chant apocalyptique tout droit sorti des égouts de Londres direction la guerre totale, les trompette de la mort engluées quelques part entre Téhéran & Bristol. Des frissons partout. Un morceau énorme pour un album assez impressionnant. Les disques qui ne nous font pas regretter d'avoir sorti un billet de 20 sont de plus en plus rares. Ici, rien n'est à jeter. Comme quoi, ça valait le coup d'attendre un peu.

Leila - Mettle
Leila - Littles Acorns (avec Khemahl & Thaon Richardson)

1 commentaires:

hameka a dit…

très bel album, en effet. Les Residents traînent sous le lit de la donzelle.